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09/04/2019

Les agriculteurs seront-ils mieux rémunérés avec la loi Agriculture et Alimentation ?

Faisant suite aux Etats généraux de l’alimentation, la loi Agriculture Alimentation pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable a été adoptée et promulguée le 1er novembre 2018.

La loi a pour objectif notamment de garantir une meilleure rémunération aux agriculteurs en répartissant mieux la valeur entre producteurs, industriels et distributeurs. La guerre des prix des distributeurs impose souvent aux agriculteurs de vendre leur production moins chère qu’elle ne leur a coûté.

Depuis le début de l’année 2019, les promotions sont désormais encadrées pour limiter la guerre des prix entre les distributeurs. Depuis le 1er février 2019, le seuil de revente à perte a été relevé de 10% selon l’objectif de mieux rémunérer les agriculteurs. Nous ne sommes pas convaincus de cette mesure : retrouvez notre article sur le sujet ICI .

Les négociations entre agriculteurs et distributeurs se sont tenues de décembre à fin février. La loi a-t-elle changé les relations entre les deux parties ?

Il semble que ce soit « oui » pour la filière lait et seulement pour la filière lait de vache. Les accords avec de grandes entreprises laitières comme Sodiaal ou Lactalis (Leclerc, la centrale de Carrefour et de U enseigne , Intermarché, Lidl) ) ou de grandes marques comme Bel (Intermarché) se multiplient pour revaloriser le prix du lait. On peut se demander cependant si les petites coopératives ne sont pas laissées de côté.

Pour les autres filières cependant, la guerre des prix est toujours d’actualité et les négociations sont parfois tendues entre industriels/producteurs et distributeurs. Notamment dans les céréales et la viandes. Le prix reste souvent l’unique levier de négociation et les distributeurs ne souhaitant que des produits moins chers, menacent parfois de déréférencer le produit càd le retirer de leur offre.

La loi est cependant trop récente pour en dresser un bilan. Espérons que les bons exemples seront suivis dans les différentes filières et encore améliorés. La réalité des coûts de l’activité agricole doit être mieux prise en compte dans les négociations (cours des matières premières, charges..) et les enjeux de création de valeur comme les signes d’origine et de qualité, RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise) moins dénigrés.

Dernière modification le 09/04/2019