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L'information nutritionnelle

L’information nutritionnelle est présente sur tous les produits alimentaires vendus emballés depuis décembre 2016. 

Tout fabricant doit respecter la forme prévue par le règlement européen sur l’information des consommateurs (dit INCO). 

Une forme réglementée au niveau européen

L’information nutritionnelle est communiquée sous la forme d’un tableau dans lequel apparaissent obligatoirement la valeur énergétique, les quantités de matières grasses, d’acides gras saturés, de glucides, de sucres, de protéines et de sel présentes dans 100 g ou 100 mL de produit.

tableau nutritionnel INCO

La valeur calorique : c'est la quantité d'énergie dans 100 g d'aliments exprimée en kilojoules (kJ) et en kilocalories (kcal) appelées plus couramment calories. 1 kcal équivaut à environ 4,19 kJ.
Les matières grasses comprennent des acides gras insaturés (monoinsaturés et polyinsaturés) et des acides gras saturés (à limiter) ; ces derniers sont explicités.
Les glucides regroupent les sucres complexes, comme l’amidon, et les sucres simples, comme le sucre de table ; ces derniers (à limiter) sont détaillés.
Les protéines sont nécessaires à l'entretien et au renouvellement de notre organisme, notamment des muscles.
Le sel

Pour en savoir plus : Ce que les aliments nous apportent

Ces éléments peuvent aussi être exprimés en pourcentage des apports quotidiens de référence ou AQR pour 100 g ou 100 ml ou pour une portion de denrée. Il s’agit de valeurs repères définies par la réglementation permettant de couvrir les besoins de la population adulte. Dans ce cas, la mention « Apport de référence pour un adulte-type (8 400 kJ/2 000 kcal) » figure à proximité du tableau.

Les fabricants donnent aussi parfois les informations pour une portion, ce qui permet en théorie de savoir dans quelle mesure cette portion contribue à l’alimentation. Mais, attention ! Ce n’est pas forcément celles que vous avez l’habitude de consommer réellement (exemple : portion recommandée de 3 tranches de saucisson alors que vous en mangez une dizaine lors de l’apéritif). Voir Les portions à la loupe

Souvent, en plus de ces informations de base, les fabricants en rajoutent d’autres : teneurs en polyols, omégas 3, minéraux, vitamines, fibres etc… En particulier, ces indications supplémentaires sont obligatoires lorsque le fabricant communique sur la qualité nutritionnelle ou sur les bénéfices santé du produit. Cependant, cela n’est pas toujours très utile et cela peut conduire à des tableaux nutritionnels très compliqués comme celui-ci :

Tableau nutritionnel INCO detaille

Lorsque la place est insuffisante sur l’emballage, les informations sont présentées sous forme linéaire et non sous la forme d'un tableau.

Certains aliments préemballés échappent à la déclaration nutritionnelle obligatoire. C’est, par exemple, le cas des produits emballés mono-ingrédient (comme la farine), du café, des tisanes, des boissons alcoolisées et des produits alimentaires commercialisés dans des emballages ou récipients dont la face la plus grande a une surface inférieure à 25 cm2.

Un tableau pour quoi faire ?

En général, les consommateurs ont beaucoup de mal à lire et à interpréter le tableau nutritionnel. Mais, si nous savons aller à l’essentiel, l’étiquetage nutritionnel peut nous aider à comparer les produits. En particulier si nous souhaitons limiter la quantité de sucre, d’acides gras saturés ou de sel dans notre alimentation.

Prenons l'exemple de deux goûters pour enfants, l’un au chocolat l’autre à la fraise.

tableau nutritionnel PITCH

En comparant, nous voyons que la recette « Beignet goût chocolat » contient plus de calories et qu’elle est presque 4 fois plus riche en acides gras saturés. Pour le goûter habituel des enfants, autant préférer la recette à la fraise… 

Nous pouvons aussi utiliser l’étiquetage pour voir si un produit est véritablement « léger » comme l’affirme le fabricant. Prenons l'exemple de ces deux sucres :

tableau nutritionnel BEGHINSAY  

On voit que le produit dit « de régime » est quasiment identique du point de vue nutritionnelle au produit standard ! L’étiquetage nous permet de prendre du recul vis-à-vis des promesses des fabricants.

Vers un étiquetage nutritionnel simplifié ?

Pour de nombreux consommateurs, le tableau nutritionnel reste une information complexe. Notamment lorsqu’ils sont en bonne santé, il ne leur permet pas d’avoir une appréciation globale de la qualité nutritionnelle du produit alimentaire. Comment faire les arbitrages grâce au tableau face à un yaourt peu gras mais très sucré et un autre yaourt peu sucré mais plus gras ? C’est pourquoi la CLCV milite depuis de nombreuses années pour la mise en place d’une information nutritionnelle simplifiée complémentaire.

Malgré toutes les discussions sur ce sujet pendant les travaux sur le règlement INCO, le législateur européen est passé à côté de l’essentiel : la définition d’un étiquetage nutritionnel simple et harmonisé, complémentaire au tableau.

Tesco traffic lightC’est donc pour l’instant au niveau national que des améliorations peuvent être apportées sur ce point.

Ainsi, en Grande Bretagne, le système Traffic lights a été recommandé par la FSA (Food Standard Agency, l’équivalent de notre Agence de sécurité sanitaire) et est utilisé sur une base volontaire par des distributeurs et des marques.

En France, la loi de modernisation du système de santé publique de 2016 prévoit, elle aussi, la mise en place de manière volontaire d’un outil permettant de rendre compréhensible une information nutritionnelle aujourd’hui trop complexe. L’idée est d’aider les consommateurs à repérer les produits les plus équilibrés dans les rayons et de contribuer ainsi à la prévention des problèmes de santé liés à l’excès de sucre, de matières grasses et de sel (obésité, diabète, hypertension). Le texte de loi prévoit que la forme de ce logo résulte d’une concertation entre les différents ministères concernés (Santé, Agriculture, Economie), les associations de consommateurs (dont la CLCV), les représentants de l’industrie agroalimentaire et de la distribution.

Plusieurs propositions de représentations graphiques ont été faites au groupe de concertation et leurs méthodes de calcul soumises à l’analyse de l’ANSES.

expérimentation nutritionnelle

Un bémol cependant. En l’état actuel des textes européens, un fabricant ou un distributeur demeure libre d’apposer ou non le logo recommandé par les pouvoirs publics. Mais aussi d’en choisir un autre ! C’est pourquoi, dans l’espoir de susciter l’adhésion du plus grand nombre de fabricants et de distributeurs, le ministère de la santé organise une expérimentation en conditions réelles. Le but est de sélectionner le logo le plus efficace et donc le plus incontestable.