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Les femmes enceintes

Les effets de la grossesse sur l'appétit et la digestion

femme enceinteLes trois premiers mois de grossesse sont synonymes de grands bouleversements physiologiques. Ils peuvent provoquer des petits désagréments tels que des nausées matinales ou à l’inverse des fringales.

Chaque femme est différente : alors que certaines ne connaîtront aucun tracas pendant les 9 mois, d’autres auront des nausées plus ou moins fortes qui peuvent être passagères ou durer plusieurs mois… 

Voici quelques conseils pratiques en cas de nausées :

  • Faire des repas légers répartis sur toute la journée.
Par exemple, un petit-déjeuner vers 8h puis une collation vers 10h30, un déjeuner léger à midi, un goûter vers 16h, un dîner léger vers 19h et une dernière collation vers 22h.
  • Éviter les odeurs fortes, privilégier les plats froids souvent moins odorants.
  • Se lever lentement et ne pas s’allonger juste après le repas. 

En cas de fringales, le piège à éviter est de grignoter n’importe quel aliment gras et sucré à longueur de journée ou d’additionner les repas sans diminuer les quantités. En effet, comme on le dit souvent, une femme enceinte ne doit pas manger deux fois plus mais deux fois mieux ! Les besoins alimentaires n’augmentent qu’à partir du 2e trimestre de grossesse.  

  • Une solution pratique est de conserver son dessert (produit laitier ou fruit) afin de le manger quelques heures après le repas, au moment où la faim (ou l’envie de manger) se fait sentir.  
  • Si la faim persiste, il est possible que les repas ne soient pas suffisants pour répondre aux besoins de la femme enceinte et de son fœtus. Dans ce cas, il est peut-être nécessaire d’augmenter les quantités de féculents (pâtes, riz, pain…) et de légumes secs ainsi que de légumes à chaque repas. 

En cas de doute, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou votre sage-femme.

L'importance des folates

La vitamine B9 (ou folate) ne peut être fabriquée par l’organisme humain et doit donc être présente dans notre alimentation tout au long de la vie.

Elle est particulièrement importante lors de la grossesse car elle joue un rôle primordial dans le développement de l’embryon. Elle assure la formation et la croissance des tissus, des globules rouges, du système nerveux et du système immunitaire. Elle intervient ainsi dans la prévention de certaines malformations du foetus. 

Les besoins en vitamine B9 sont donc augmentés pendant la grossesse : ils passent de 300µg/j pour une femme à 400µg/j pour une femme enceinte.  

Dans quels aliments trouve-t-on des folates ?

Teneur en vitamine B9 Aliment
Très forte - Levure en paillettes
Forte
- Epinard, cresson, chicorée, mâche, melon…

- Noix, châtaignes, pois chiches...
Moyenne
- Autres légumes à feuille : laitue, endive, chou, poireau, artichaut

- betterave, courgette, avocat, lentille

- Carotte, tomate, oignon, potiron, maïs, poivron, agrume, banane, kiwi, fruits rouges, datte, figue…

- Œuf, fromage, pain

 

Les folates sont fragiles et facilement détruits par une exposition trop longue à la lumière, à la chaleur ou à l’eau. Voici quelques conseils pratiques pour préserver les qualités nutritionnelles des légumes et fruits :

  • Conservez-les au réfrigérateur et consommez-les rapidement après l’achat.
  • Evitez les rinçages prolongés.
  • Evitez les cuissons longues à l’eau. Préférez une cuisson à la vapeur ou en papillote. 

Enfin, bien que l’alimentation apporte normalement suffisamment de folates, un supplément médicamenteux est systématiquement prescrit par le médecin ou la sage-femme, par mesure de précaution.

L'alcool : à éviter absolument pendant la grossesse

L’ensemble de la communauté médicale s’accorde aujourd’hui sur le fait que la consommation d’alcool, même modérée, pendant la grossesse peut avoir des conséquences très néfastes sur la santé de l’enfant à naître.

En effet, l’alcool consommé passe dans le sang (c’est d’ailleurs un moyen d’évaluer l’alcoolémie…) mais il ne s’arrête pas à celui de la mère ! Il passe ensuite dans le sang du fœtus via le placenta.  

L’alcool a une incidence négative sur le développement du cerveau et du système nerveux du fœtus. Ainsi, la consommation d’alcool peut engendrer des malformations irréversibles du bébé, un retard mental ou physique ou des troubles du comportement. 

Par ailleurs, la consommation d’alcool pendant la grossesse peut également entraîner des complications telles une fausse couche, un retard de croissance ou un accouchement prématuré.  

Il est important de noter que toutes les boissons alcoolisées exposent le fœtus aux mêmes risques : un verre de vin ou de bière ne sera pas moins nocif qu’un alcool fort. 

picto alcoolC’est pourquoi il est vivement recommandé aux femmes enceintes de ne pas consommer d’alcool pendant toute la durée de leur grossesse.

Depuis 2007, les boissons alcoolisées doivent porter une mention déconseillant la consommation d'alcool aux femmes enceintes. 
La phrase : « La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l'enfant » doit figurer sur l'étiquette. Cette mention peut-être remplacé par le logo ci-contre.

Syndrome d’alcoolisation fœtale

Plus encore que pour l’adulte, l’alcool est toxique pour le fœtus. La recommandation « zéro alcool pendant la grossesse » n’est cependant pas respectée par toutes les femmes enceintes.

Pourtant, la consommation d’alcool pendant la grossesse se traduit par des risques accrus de fausses couches spontanées et de prématurité. De plus, chaque année en France, environ 7000 enfants naissent atteints d’un trouble causé par l’alcoolisation de la mère pendant la grossesse. Dans les cas les plus graves (environ 1 naissance sur 1000), on parle de « syndrome d’alcoolisation fœtale ».

Ce syndrome se traduit par un retard de croissance, une dysmorphie (des anomalies fines du visage), des malformations congénitales, voire des troubles neurocomportementaux. C’est également l’une des principales causes de déficience intellectuelle.

 

Importance de l'hygiène alimentaire

  • La toxoplasmose peut provoquer un avortement ou des malformations du fœtus. Elle est due à un parasite présent dans la terre et que l’on peut retrouver sur les végétaux et la viande.
Au début de la grossesse, une prise de sang permet de déterminer si la femme enceinte a déjà eu la toxoplasmose : dans ce cas elle est immunisée et n’a pas de précaution particulière à prendre.

Au contraire, si elle ne l’a jamais eue, elle devra effectuer des prises de sang de manière régulière durant toute la grossesse et suivre quelques conseils d'hygiène pour l’éviter :

  • Se laver systématiquement les mains après le contact avec des animaux (principalement les chats) et leurs déjections, ainsi qu’avant les repas et après avoir manipulé des légumes et viandes crues;
  • Bien laver (ou peler) les fruits et légumes avant de les consommer;
  • cuire la viande, le poisson et les œufs à cœur;
  • Porter des gants lorsque l’on fait du jardinage;
  • L’infection par la Listeria durant la grossesse peut provoquer un avortement, un accouchement prématuré ou une infection néonatale. La listériose est essentiellement  transmise par l’ingestion d’aliments contaminés par la bactérie Listeria monocytogène. 
Pour prévenir la listériose, il est conseillé aux femmes enceintes :
  • D’éviter la consommation des aliments crus d’origine animale (laits crus, fromages au lait cru, viandes, poissons…), des charcuteries (rillettes, jambon cru…), des viandes fumées ou marinées ainsi que des coquillages et poissons fumés ;
  • De laver soigneusement les fruits, légumes et herbes aromatiques et de retirer la croûte des fromages.
Bien sûr, les conseils d'hygiène usuels sont aussi vivement recommandés (voir : Evitons les infections alimentaires).