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ven.
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mars 16

Enterrement de première classe pour Ecophyto 1

C’est sur un bilan accablant qu’Ecophyto 1, le plan de réduction des pesticides acté en 2008, cède la place à Ecophyto 2.

PesticidesL’objectif initial du plan Ecophyto était de réduire de 50% le recours aux pesticides entre 2008 et 2018. Au vu des résultats publiés le 8 mars 2016 par le Ministère de l’Agriculture, on peut dire que c’est raté puisque l’agriculture française ne cesse d’utiliser massivement ces produits dangereux.

En effet, entre la période 2011-2013 et la période 2012-2014, le recours aux produits phytosanitaires a augmenté de 5,8%. Il a même progressé de 9,4% entre 2013 et 2014 ! Constat accablant aussi en ce qui concerne le volume brut des ventes. Dans l’hexagone, les agriculteurs ont acheté 16 % de produits phytosanitaires en plus en 2014.

Un léger mieux est enregistré du côté des collectivités et des jardiniers amateurs puisque sur les mêmes périodes 2011-2013 et 2012-2014, ils ont eu la main moins lourde en produits de traitement (-2,2%).

C’est donc bien sur un constat d’échec qu’Ecophyto 1 cède la place à Ecophyto 2. Ce nouveau plan, lancé à l'automne 2015, a des ambitions plus modestes puisqu’il fixe une réduction progressive des produits de traitements de 25 % d’ici à 2020, puis de 50 % à l’horizon 2025.

Moins ambitieux, mais tout autant irréalisable sans un changement notable dans les pratiques agricoles actuelles (diversification des productions, mise en place de rotations de cultures, développement de réseaux de surveillance et d’alerte permettant d’anticiper les infestations...).

Pourtant, produire en utilisant moins de pesticides est possible ! C’est d’ailleurs ce que font au quotidien les 1900 fermes pilotes DEPHY(*). Ces exploitations ont pour objectif de contribuer à l'apprentissage des systèmes de culture économes en produits phytosanitaires, à leur démonstration et à leur développement.
Parmi les résultats concrets recensés dans ce réseau, entre 2012 et 2014, le nombre de traitements moyen a diminué de 10% en grandes cultures et polyculture-élevage, de 12% en arboriculture et en viticulture, de 15% en cultures légumières, de 38% en horticulture et de 22% en canne à sucre.

Preuve que c’est faisable !

(*)Réseau DEPHY : réseau de Démonstration, Expérimentation et Production de références sur les systèmes économes en pHYtosanitaires

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Commentaires   

# MAIROT 23-03-2016 10:27
Dans une étude sur le GLYPHOSATE que la CPEPESC de Franche-Comté m'avait demandée de réaliser en 2011, j'avais estimé à l'époque à 75.000 tonnes de pesticides utilisés annuellement par les agriculteurs. 45% étaient des herbicides. Il est bien difficile de connaître précisément les tonnages répandus sur les végétaux et sols.L'UIPP ne veut communiquer aucune information. Le ministère de l'agriculture, les syndicats agricoles et les assureurs connaissent ces valeurs, mais silence. Il est troublant de faire coïncider les courbes des pesticides et les maladies dégénératives annuelles (cancers,neurol ogiques, etc..).
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# Lenoir 23-03-2016 19:33
Tant que la FNSEA sera dirigé par des pantins à la botte du lobby agro-alimentair e mondial, tant que les politiquess eront à plat ventre devant cette organisation mafieuse, on ne pourra pas espérer grand chose : ces plans sont du bidon, et n peut s'étonner que les associations de consommateurs ne protestent pas plus souvent quand l'Etat et les institutions régionales rackètent les contribuables pour verser des subventions aux élevages industriels, aux cultures intensives et aux OGM, comme dans le cas du barrage de Sivens
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