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Nutrition : la bonne volonté des professionnels ne suffit pas

Les travaux de l'observatoire de la qualité de l'alimentation montrent que les résultats des engagements pris par les professionnels de l'agroalimentaire en matière de nutrition sont très décevants. 

Etiqueta ourson de LuL’observatoire de la qualité de l’alimentation publie ce jour des données particulièrement importantes sur l’évolution de la qualité nutritionnelle de l’alimentation. Les chercheurs de l’observatoire ont étudié l’impact des engagements pris par les industriels de l’agroalimentaire et les distributeurs dans le cadre des chartes de progrès nutritionnels signées depuis cinq ans sous l’égide du Programme national nutrition santé (PNNS).

Au final, l’effet de ces chartes sur les apports nutritionnels est très décevant. Ainsi, elles ne contribuent qu’à 2% de l’objectif du PNNS en matière de réduction des apports en matières grasses saturées[1]. S’agissant du sel, l’objectif n’est atteint qu’à hauteur de 3 à 5% pour les hommes et de 14% pour les femmes. Les chartes conduisent à une réduction des apports en sucre de seulement 0.4%, bien loin de l’objectif de 25% de réduction des sucres ajoutés. Le résultat le plus probant concerne les matières grasses totales avec 28% de l’objectif atteint pour les hommes mais seulement 5% pour les femmes.

Pourtant, des marges de manœuvre réelles existent comme le montrent les expériences réussies dans certains secteurs (compotes allégées en sucre, céréales du petit-déjeuner moins salées). Mais les 30 chartes signées à ce jour ne concernent au final qu’une faible part des aliments consommés par les français, entre 1% et 16% selon les nutriments concernés, ce qui explique que l’impact du dispositif demeure très faible.

Pour la CLCV, il faut tirer la conclusion de ce bilan négatif et passer désormais à la vitesse supérieure car la qualité nutritionnelle de notre alimentation est un enjeu de santé publique majeur. Nous devons en effet faire face collectivement à des taux de surpoids et d’obésité préoccupants, à une augmentation très inquiétante du diabète, qui a presque doublé en 10 ans, ainsi qu’au problème de l’hypertension artérielle qui concerne 30 % de la population.

Nous demandons donc l’adoption d’un cadre réglementaire imposant à l’ensemble des acteurs de l’industrie et de la grande distribution d’améliorer la qualité nutritionnelle de leur offre. Les objectifs à atteindre, le calendrier ainsi que les modalités de suivi devront être définis par catégorie de produits dans le cadre d’une expertise scientifique.



[1] Lorsqu’elles sont consommées en excès, les matières grasses saturées contribuent au risque cardiovasculaire. Les matières grasses contenues dans la viande, le lait et les produits laitiers et certaines huiles végétales (huile de palme) sont riches en acides gras saturés.

 

Publié le 04/12/12